Comment devenir joueur professionnel d’esport ? Jeux, parcours, études et salaire


J'ai eu la question pendant un entretien. Je vous ai fait quelques recherches afin de vous faire découvrir ce domaine souvent méconnu des parents (mais pas des ados ! ).
Voici comment fonctionne ce parcours :
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🔍 Résumé de l'article
Devenir joueur professionnel d’esport est possible, mais jouer beaucoup ne suffit pas. Il faut choisir un jeu doté de compétitions, atteindre un niveau exceptionnel, obtenir des résultats en tournoi et éventuellement intégrer une équipe. Les revenus vont de l’absence de salaire pour beaucoup d’amateurs à des montants élevés pour une petite élite. Aucun diplôme n’est obligatoire : le plus prudent est de tester son potentiel sans abandonner ses études.
L’esport, ou sport électronique, désigne les compétitions de jeux vidéo : des joueurs s’affrontent, seuls ou en équipe, en ligne ou devant un public, selon des règles et dans des tournois organisés.
D’abord, une compétition d’esport, ça se passe comment ?
La première question Les joueurs s’affrontent dans un jeu vidéo. Ils peuvent jouer chacun depuis chez eux, en ligne, ou être réunis dans une salle, parfois devant un public. Dans les deux cas, le match se déroule sur écran. Il peut être diffusé en direct sur Internet.
On appelle « scène compétitive » l’ensemble des joueurs, équipes et tournois organisés autour d’un jeu. Ce n’est pas un lieu : c’est l’équivalent du circuit de compétitions d’une discipline sportive.
Comment devenir joueur professionnel d’esport ?
1. Choisir un jeu qui possède des compétitions organisées
On ne devient pas joueur professionnel sur n’importe quel jeu vidéo. Il faut un jeu avec des classements, des tournois réguliers et des équipes ou des compétiteurs de haut niveau.
Voici des exemples concrets de jeux disposant d’un circuit compétitif :
League of Legends : deux équipes s’affrontent dans un jeu de stratégie.
Valorant : deux équipes s’affrontent dans un jeu de tir tactique.
Counter-Strike 2 : un autre jeu de tir tactique, avec des compétitions internationales.
Rocket League : des voitures jouent au football.
Fortnite : les joueurs tentent de survivre et de l’emporter face à leurs adversaires.
EA Sports FC Pro : le circuit compétitif du jeu de football EA Sports FC.
Street Fighter : des combats entre joueurs, avec un circuit de tournois.
Attention : cette liste ne signifie pas que ces jeux recrutent automatiquement. Elle signifie qu’il existe des compétitions dans lesquelles un joueur peut mesurer son niveau. Les circuits, les règles et les possibilités de recrutement changent selon les jeux et les saisons. Avant de choisir, il faut consulter le site officiel de la compétition.
2. Mesurer son niveau face aux meilleurs, pas face à ses amis
Le jeune doit connaître son classement sur le jeu choisi.
Se situe-t-il vraiment parmi les meilleurs joueurs ?
Arrive-t-il à maintenir ce niveau ?
Être excellent dans son entourage ne suffit pas. Il faut être performant contre des adversaires inconnus, entraînés et capables de le battre.
3. Participer à des tournois
Le classement en ligne est un premier indicateur. Les tournois permettent de vérifier si le joueur sait aussi :
rester performant sous pression ;
appliquer une stratégie ;
communiquer avec ses coéquipiers ;
répéter ses résultats face à des joueurs préparés.
Certains tournois se déroulent en ligne, d’autres sur place. Chaque organisateur fixe ses conditions de participation, notamment l’âge requis.
4. Intégrer une équipe
Dans les jeux collectifs, une équipe permet de s’entraîner régulièrement avec les mêmes joueurs. Elle évalue le niveau, mais aussi la fiabilité et le comportement du candidat.
Un mineur ne doit pas s’engager seul auprès d’une structure. Avant de signer quoi que ce soit, ses parents doivent comprendre les obligations demandées, le partage des gains et l’utilisation de son image.
5. Se faire repérer
Les équipes peuvent découvrir un joueur grâce à son classement, ses résultats en tournoi ou les recommandations d’autres joueurs.
Il peut aussi montrer ses parties sur Twitch, une plateforme où l’on diffuse des vidéos en direct et où les spectateurs peuvent réagir. Ce n’est pas la seule possibilité : il peut également publier des vidéos sur YouTube (comme Faker un des meilleurs actuellement ou Caliste joueur français), des extraits sur TikTok, ou partager ses résultats dans les communautés de son jeu.
Mais il faut distinguer deux choses : être visible ne prouve pas que l’on a le niveau professionnel. Un créateur de contenu peut gagner sa vie en faisant des vidéos sans être joueur de compétition. À l’inverse, un excellent compétiteur peut avoir peu d’abonnés.
Que fait un joueur professionnel au quotidien ?
Son activité ne consiste pas à jouer selon ses envies. Selon son équipe et son jeu, il doit :
suivre un programme d’entraînement (parfois 8h par jour 😅) ;
travailler des gestes ou des stratégies précises ;
analyser les vidéos de ses matchs et corriger ses erreurs ;
préparer les compétitions avec son entraîneur ;
communiquer avec ses coéquipiers ;
accepter les critiques et gérer les défaites ;
maintenir son sommeil et sa condition physique ;
parfois voyager, parler aux médias ou représenter des sponsors.
Combien gagne un joueur professionnel d’esport ?
Les écarts sont énormes. Il n’existe pas de salaire moyen fiable valable pour tous les jeux : beaucoup de contrats sont confidentiels.
Un joueur amateur ou semi-professionnel peut ne toucher aucun salaire fixe.
Dans une première équipe professionnelle peu exposée, la rémunération peut être proche du SMIC, selon Randstad. Le montant net précis affiché sur sa fiche est ancien et ne doit pas être repris comme montant actuel.
Dans une équipe mieux financée, certains joueurs peuvent gagner quelques milliers d’euros par mois, selon Esport Recrutement.
Au sommet international, des salaires supérieurs à 20 000 € par mois ont été rapportés sur certains jeux par la Bibliothèque publique d’information en 2023. Ces cas ne représentent pas la carrière d’un débutant.
Il faut séparer le salaire versé par une équipe, les gains de tournois et les revenus issus des sponsors ou des vidéos. Une récompense annoncée pour un tournoi peut être partagée entre plusieurs personnes : ce n’est pas un salaire mensuel.
En France, il existe un statut spécifique pour certains joueurs professionnels salariés. Participer à des tournois ou gagner occasionnellement de l’argent ne donne pas automatiquement accès à ce statut.
Faut-il faire une école d’esport ?
Non : aucun diplôme n’est obligatoire pour devenir joueur professionnel. L’ Onisep le confirme. Une école, même chère, ne peut garantir qu’une équipe recrutera son étudiant.
Une formation peut avoir de la valeur si elle prépare aussi à d’autres métiers. Avant de payer, vérifiez :
le diplôme ou la certification réellement délivré ;
le coût total ;
ce que font les anciens étudiants ;
les débouchés si le jeune ne devient jamais joueur professionnel.
Vous pouvez vérifier une certification annoncée sur France Compétences et comparer les formations après le bac sur Parcoursup.
Le choix le plus solide est généralement de poursuivre ses études tout en testant son niveau en compétition. Sans résultats confirmés ni proposition sérieuse d’une équipe, quitter une formation pour jouer davantage est un pari très risqué.
Quels autres métiers existent dans l’esport ?
Ne pas devenir joueur professionnel ne signifie pas qu’il faut abandonner cet univers. On peut, par exemple :
organiser des tournois ;
commenter des matchs ;
produire des vidéos ;
travailler en communication ou avec des sponsors ;
analyser les performances d’une équipe ;
devenir entraîneur.
Ces métiers demandent chacun des compétences différentes. Et travailler dans l’esport n’est pas la même chose que créer des jeux vidéo : pour cette seconde voie, l’Onisep présente notamment les métiers de la programmation, de la conception et du graphisme.
Mes conseils concrets pour le esport
Ce que je dis à toutes les familles qui me contactent pour un ado :
1. Ne pas attendre la Terminale pour se poser la question. Il faut bien se documenter afin de comprendre ce domaine peu connu des parents. Participez à la Paris Games Week peut vous aider à y voir plus clair.
2. Si votre ado est vraiment passionné, inscrivez-le à des compétitions. Cela lui permettra de vraiment voir son niveau.
3. Pensez aux plans B. Des métiers connexes existent dans l'univers du jeu vidéo. Participez à un salon spécialisé pour en savoir plus.
Si votre ado a un projet en e-sport et que vous ne savez pas par où commencer, n'hésitez pas à me contacter via le chat ou WhatsApp pour un premier échange gratuit et sans engagement. C'est le meilleur moyen de voir si mon accompagnement peut vous aider.
Puis faites un bilan dans six mois. S’il joue davantage sans progresser, le projet n’est pas en train de se professionnaliser. S’il obtient des résultats réguliers face à de très bons joueurs et attire l’attention de structures sérieuses, il y a alors quelque chose à examiner.
Le but n’est pas de lui interdire de tenter sa chance. C’est de lui donner des critères concrets et de préserver son avenir si cette voie ne se réalise pas.
Vanessa Bérangère
© Tous droits réservés. Vous pouvez copier et partager cet article à condition de citer l'auteur Vanessa Bérangère et la source www.vanessaberangere.com
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